Il y a quelques vingt ans, le gouvernement français, via France Télécom, seule entreprise publique
de télécommunications, a décidé d'expérimenter la norme VIDEOTEX.
Il appartient à notre quotidien. Pas une publicité, pas un média qui ne fasse référence à lui.
Un peu plus de douze années après son lancement, le Minitel a su s'imposer :
6,5 millions de terminaux,
87 millions d'heures de consultation pour 1995, sans compter le trafic du 3611, l'Annuaire Téléphonique...
Celui par qui tout a commencé... Nous sommes alors en 1978...
Le rapport Nora-Minc précipite la réflexion sur l'informatisation de la société. On sent l'importance que pourrait
revêtir le mariage de l'informatique et des télécommunications. En effet depuis 5 années déjà, on teste le système TITAN.
Ce dernier consiste à interroger, depuis Berlin, le calculateur du CCETT dans lequel sont stockées des bases de données.
Pour cela, les ingénieurs inventent un point d'accès vidéotex. Ils empruntent une ligne louée jusqu'au noeud Transpac près de la frontière et y
accèdent grâce à leur point d'accès. Les informations vont circuler jusqu'à Rennes et reviennent par le même chemin.
Le département de l'Ille et Vilaine est retenu pour l'expérimentation: l'idée consiste à laisser faire aux abonnés
eux-mêmes les recherches de coordonnées. On pense alors que le service de renseignements, le 12, sera
moins encombré.
Le défi: raccorder 250 000 habitants au service !
Juillet voit le début des premiers tests à Saint Malo.
L'équipe réfléchit au design des pages de l'Annuaire Electronique. L'ecran informatique se doit d'être simple à
utiliser.
Une interface peu compliquée qui cache cependant beaucoup de complexités...
Février: l'Annuaire Electronique est inauguré en Ille-et-Vilaine.
Dès lors, l'ouverture du service dans le régions se fera sur la base du volontariat des collectivités territoriales.
Après cinq ans d'expérimentation, la télématique française passe à la vitesse supérieure en février 1984 avec
l'ouverture du Kiosque Télétel, accessible par le 3615.
Pour faciliter la promotion des services, un annuaire papier est édité, recensant les 200 codes.
Mais, ce nombre croît trop rapidement: un nouveau service se crée tous les jours !
1984, c'est l'année employée à installer la culture du Minitel, rendre le terminal convivial et familier.
Les deux années qui suivent vont être consacrées à installer le "éflexe-Minitel".
En mai 85, la base de données de l'Annuaire Electronique devient nationale : les 22 millions d'abonnées téléphoniques sont désormais
accessibles par Minitel.
40 000 mises à jour quotidiennes permettent de rendre Le 11 très vivant !
C'est en décembre 85 qu'apparaît la première édition de l'annuaire papier des services Télétel : LISTEL.
Fin 86, MGS, l'annuaire électronique des serveurs Minitel est en place.
Après la Picardie, La Basse-Normandie, et la région Provence Alpes côte d'Azur, le 11 est enfin accessible de toute la
France.
On décide d'une taxation à la durée, avec la gratuité des deux premières minutes, qui vite deviendront trois minutes.
Les années 90, et le Minitel est toujours présent !
Dernières évolutions tarifaires de FRANCE TELECOM: le "Modulo": le prix des services à valeur ajoutée est divisé en
deux selon les plages horaires !
Dans le domaine technique, c'est Alcatel qui avec Web Touch One © révolutionne le minitel. Ce nouveau terminal permet de choisir sur
son interface téléphonie, Internet, Minitel, et divers répertoires personnels. Un appareil qui reste encore onéreux (plus de 3500 F HT à l'achat)
et qui devra faire ses preuves...